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jeudi 29 mars 2012

Takfarinas l'enfant de Souk-Ahras


Révoltes dans l'Empire

La révolte de Tacfarinas ( 17- 24 ap JC)

En Afrique, une révolte commence en 17 ap JC, ayant pour motif la revendication des terres fertiles accaparées par la colonisation romaine. Une précédent révolte concerne déjà les Musulames en 5 ou 6. Un Gétule nommé Tacfarinas, ancien militaire ayant servi dans les troupes auxiliaires de l'armée romaine puis déserté, réussit à rassembler la confédération des Musulames et s'allie avec Mazippa, le chef des Maures, à l'Ouest et avec les Cinithiens (peuple saharien vivant près de la petite Syrte, à l'Est). Il commence par diriger une bande de voleurs de bétail puis entraîne ses hommes à combattre comme les Romains. Face à la Legio III Augusta, il pratique une guerre comme les Numides, faite d'attaques soudaines suivies d'abandon rapide, d'embuscades et de harcèlement. Le proconsul d'Afrique, Marcus Furius Camillus part en campagne pour le combattre. Il réunit en un seul corps la Legio III et tous les auxiliaires qu'il trouve et il marche contre Tacfarinas. Cette armée est bien moins nombreuse que la troupe de Numides et de Maures et Camillus essaie de faire espérer la victoire aux adversaires, aussi Tacfarinas, trop confiant, accepte le combat dans le Sud Ouest de la Tunisie actuelle. Camillus dispose la légion au centre, les auxiliaires et les ailes de cavalerie sur les flancs et remporte la victoire. Juba II semble avoir participé à cette victoire car il frappe, en 18 ap JC, des monnaies en souvenir de ce fait d'armes.

Après cette défaite, Tacfarinas pratique efficacement la guérilla, il assiège et détruit une cohorte de la Legio III, qui tient une fortification près de la rivière Pagyda, sous le commandement de Decrius, en 18 ap JC et qui a fait une sortie imprudente. Lucius Apronius Caesanius, qui succède à Camillus, remporte une victoire contre Tacfarinas près de la ville de Thala. Mais la guerre n'est pas terminée et l'armée de Tacfarinas menace aussi les villes de la côte. Il envoie une ambassade à Tibère pour proposer la fin de la guerre contre l'octroi de terres mais l'empereur s'estime insulté par un déserteur. En 20 ap JC, la Legio IX Hispana est envoyée pour lutter contre cette révolte et en 21 ap JC, la Legio VIII Hispana qui stationne dans l'actuelle Croatie, part en Afrique. Le gouverneur Quintus Junius Blaesus annonce une amnistie, fait sans doute des concessions au sujet des terres et beaucoup de combattants quittent Tacfarinas. Il change l'aspect de cette guerre, divise son armée en 3 divisions indépendantes, fortifie les positions et renforce les garnisons. Puis après l'été, il ne revient pas avec son armée pour hiverner à l'abri dans l'Africa Vetus, comme ses prédécesseurs, mais il agit comme en début de campagne. Il envoie son aile gauche contre les Garamantes pour protéger Cirta, fait surveiller par son aile droite les débouchés de l'Aurès et il tient le territoire des Musulames, patrouille dans le désert d'un abri à l'autre et finit par capturer le frère de Tacfarinas en 22 ap JC. Puis il est rappelé et récompensé par Tibère. Mais, une légion est enlevée et les Maures se révoltent à l'avènement de Ptolémée.








Tacfarinas étend la révolte de la Maurétanie à la Grande Syrte, les Romains sont débordés. Incapables de capturer Tacfarinas, ils tentent de diviser les tribus en promettant des terres. La Legio IX est rappelée en 23 ap JC. Tacfarinas a reconstitué une petite armée mais le nouveau proconsul Publius Cornelius Dolabella s'allie avec le roi Ptolémée pour le combattre et s'inspire des méthodes de Blaesus. En 24 ap JC, Tacfarinas, soutenu par le roi des Garamantes qui lui envoie des troupes légères, investit Tupusuctu (Thubusque) en Maurétanie Césarienne, près de l'actuelle Tiklat en Algérie. Dolabella demande le soutien du roi Ptolémée, divise son armée en quatre corps, attribue des chef maures à des contingents de troupes légères. Dolabella apprend que des huttes venaient d'être montées près des ruines d'un fort appelé Auzéa (ou Auzia), à proximité de Thubascum en Algérie, dans un place entourée de forêts. Il envoie ses escadrons de cavaliers et des cohortes sans bagages à l'attaque, au lever du jour. Les ennemis sont encore endormis, sans armes et vite pris ou tués. Tacfarinas ne pouvant fuir, évite la captivité par une mort au combat près de Tlemcen, qui entraîne beaucoup de légionnaires. Cette longue guerre de sept ans est finie, les Garamantes envoient des ambassadeurs.

mercredi 28 mars 2012

La période augustinienne (354 – 430) fils de Souk-Ahras

Repères de lecture : Dans l’Antiquité tardive de l’Afrique du Nord, c’est à dire la période allant du IVe au VIIe siècle, le christianisme est bien implanté d’Est en Ouest. Le grand Diocèse d’Afrique (Diocesis Africæ), placé sous la responsabilité du vicaire de Carthage, comprend presque tout l’ensemble des régions conquises et administrées par Rome du temps d’Octave-Auguste ; d’Est (Tunisie actuelle) en Ouest se succèdent la Proconsulaire (dont une partie mord sur l’Algérie actuelle) et Carthage, la capitale, la Numidie à laquelle sont adjoints les Aurès et le Nemencha, la Maurétanie sitifienne et, enfin, la Maurétanie césarienne (la Maurétanie tingitane faisant partie du diocèse d’Hispanie). Une fois passé l’évènement choc dû à la révolte de Firmus (372 – 375) qu’avait déclenché les maladresses du commandant militaire suprême en Afrique du Nord (le comte Romanus) , il faudra attendre l’invasion vandale (vers 430) pour que l’Algérie connaisse de nouveaux troubles importants. Par contre, en ce qui concerne le schisme des donatistes, il ne sera pas complètement réglé du vivant d’Augustin de Thagaste (ou d’Hippone). La première basilique d’Afrique n’a pas, comme on aurait pu le penser, été bâtie dans la partie la plus romanisée du Maghreb (Proconsulaire et Numidie), mais en Maurétanie césaréenne, à Castellum Tingitanum (Chlef) plus précisément. Ce qui n’empêche pas que la contrée la plus marquée par le couple romanisation-christianisation allait de Carthage aux confins de la petite Kabylie. Passée cette frontière, les routes et les campagnes étaient de moins en moins sûres, cependant que les autochtones se faisaient plus revêches au monde occidental. Y proclamer la “ bonne parole ” n’était pas sans danger et les groupes de circoncellions y étaient encore présents, qui guettaient à la croisée des chemins le voyageur à détrousser. Le christianisme, tout comme la romanisation dont il est difficile de ne pas lui associer, permettra la poursuite de l’essor urbanistique jusqu’au VIIe siècle. On construisait encore, malgré le déclin de l’Empire, de nouveaux édifices (basiliques chrétiennes, chapelles, baptistères…), on restaurait également l’ancien. Si quelques petites communautés tribales se maintenaient encore dans les campagnes reculées, les révoltes maures y étaient devenues rares et de faible importance ; dans les villes et leur périphérie on abandonnait peu à peu les réflexes tribaux pour leur préférer les principes de la civilisation des villes et du droit qui les régissait. La langue latine était devenue langue officielle et langue politique ; on continuait cependant à philosopher en grec – Augustin ne le fera qu’en latin ; dans les campagnes, à l’opposé, on ne parlait quasiment que le lybique, auquel lui étaient associés de nombreux mots et expressions puniques. La charnière IVe – Ve siècle, bien que connaissant une réelle prospérité économique, ne sera toujours pas un moment de partage des richesses. On continuait à exploiter cupidement les ouvriers agricoles et à appliquer une fiscalité usurière, souvent de manière clientéliste,  l’argent étant détourné au profit  des villes, afin qu’elles continuassent à briller de leur architecture, aussi fastueuse et somptueuse qu’inaccessible aux citoyens. Les Vandales arrivant, il semblerait qu’ils aient été plutôt accueillis en libérateurs par les gens ordinaires, du moins tout au début.

A l’époque d’Augustin (354-430), de nombreux Berbères avaient dû se déclarer chrétiens, mais on peut penser que toutes ces conversions n’étaient pas si sincères en réalité. Dans certains cas, l’allégeance faite au christianisme n’empêchait pas de perpétrer le culte ancestral ou de faire dans le syncrétisme spirituel. Toujours est-il que les chrétiens n’étaient pas tous d’accord entre-eux, les uns s’en remettant à l’Église catholique apostolique et romaine, alors que les autres, les donatistes, ne voulaient en aucun cas reconnaître l’autorité du primat placé sous la volonté de Rome à Carthage (lire Le christianisme romano-africain entre orthodoxie et hétérodoxie). Augustin ne cessera de combattre le mouvement donatiste, souvent associé à celui des circoncellions ; au point qu’on peut lui dédier la victoire finale du catholicisme dans l’Algérie antique, victoire qu’il ne connaîtra pas. Dans l’ensemble, le nombre de convertis, certainement très important dans l’Est algérien, va en décroissant plus on va vers l’Ouest et vers le Sud du pays. L’évangélisation donne l’impression d’avoir été facile dans les villes et leur proche périphérie, plus difficile – voire impossible – dans les coins les plus reculés. Mais les fouilles n’ont pas encore tout révélé, loin de là. C’est dans les milieux les plus romanisés que la nouvelle croyance trouvait le plus vite ses adeptes, là où le latin et le grec, langues du savoir et du pouvoir, était sus, compris et parlés par beaucoup. Bien que n’ayant pas connu les terribles bagarres christologiques de l’Orient, le diocèse africain fut remarquablement secoué par le mouvement schismatique donatiste, un mouvement contestant uniquement le pouvoir du vicaire carthaginois depuis 311. Puissamment organisée, puisqu’elle “étendait partout ses ramifications, en Proconsulaire, en Bysacène, en Tripolitaine, dans les Maurétanies”, ainsi qu’en Numidie, cette contre-Église n’a jamais cédé aux politiques violentes conduites par les empereurs successifs (répression, persécution, exil) ; c’est pourquoi Augustin entreprit de faire autrement, par la discussion honnête et loyale, et non le combat par des armes. Il pensait que le raisonnement juste pouvait convaincre à force de démonstrations persuasives. A Hippone (Annaba), alors qu’Augustin en était l’évêque, la quasi totalité des chrétiens était donatistes. Il en allait de même à Bagai (Baghaï). Dans de nombreuses localités, les donatistes n’avaient même pas d’adversaires. Comme le dit le très (c’est un militant) chrétien Lucien Oulahbib, “on ne sait ce qui serait advenu sans l’entrée en scène d’Augustin”, et “c’est par la prédication, par la propagande, par la publicité, que d’abord Augustin voulut ramener les schismatiques à l’Église-mère”, en vain. Sa première mémorable intervention aura lieu en juin 411, lors du grand concile qui s’est tenu à Carthage, réunissant, selon les sources, 270 à 286 évêques donatistes et 279 à 285 évêques catholiques. L’assemblée devait décider qui, des donatistes ou des catholiques, constituaient la véritable Église…

Rappelons que la reconquête catholique avait commencé bien avant (en 366, sachant que Donat est mort en 355), lorsque l’évêque catholique Optat de Milev eut rassemblé des documents historiques prouvant l’erreur des donatistes. Cela n’a bien sûr pas suffit puisque le schisme persistait encore au début du Ve siècle. Mais Augustin saura s’en servir à un moment plus opportun. Âgé de 41 ans (395), alors qu’il venait d’être élu évêque d’Hippone (Annaba), il se fit concepteur de cette reconquête, quand Aurélius, évêque de Carthage depuis 392, se chargea de tout organiser. Le dialogue engagé avec les représentants des donatistes ne donnant rien, la diplomatie ne suffisant pas, Augustin fera paraître, pendant une trentaine d’années, maints traités doctrinaux, attaquant le camp adverse. Tout les moyens furent utilisés, même celui de faire appel à la force publique : « il se fit historien, si besoin portraitiste satirique ou rimailleur de combat. Il en appela à la contrainte du pouvoir civil en s’appuyant notamment sur un célèbre verset de l’évangile de Luc : “ vas-t’en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force afin que ma maison se remplisse ” ». En 405, l’empereur Honorius émit un nouvel édit impérial d’union où l’ordre était formellement donné aux donatistes de rejoindre l’Église catholique romaine ; on assimilait alors clairement le mouvement à une secte d’hérétiques. S’il approuva les mesures contraignantes mises immédiatement en application, Augustin ne recommanda d’éviter les exécutions capitales qu’en 408. Lui, prônait l’exil pour tous ceux qui continuaient à organiser des cultes schismatiques. En 411, lors du concile de Carthage déjà cité, la date est capitale, Augustin se fit directeur des débats devant rétablir la vérité. Il allait enfin réussir à confondre les schismatiques à l’aide des fameux documents officiels de l’histoire, rassemblés autrefois par Optat : la démonstration est faite qu’un siècle plus tôt, Felix d’Abthugni (évêque d’Aptonge en Byzacène) avait été accusé à tort d’appartenir aux “ traditores ” ; il avait alors été fait usage de faux documents par les accusateurs. Si le donatisme n’avait plus lieu d’être, force était de constater que, même après la mort d’Augustin (430), le mouvement interdit, et bien que sacrément désorganisé, était loin d’avoir été terrassé. Pour plus de détails concernant le christianisme en Afrique du Nord, on consultera ce document en format PDF Le christianisme en Afrique romaine.



Aurelius Augustinus (littéralement, Aurèle petit Auguste) était fils d’un petit curiale (genre de décurion) de Taghaste (Souk Ahras), nommé Patricius et possédant quelques propriétés. La mère, Monnica (Monique, la future sainte-Monique), était une Berbère chrétienne, quand Patricius serait resté païen toute sa vie (certains pensent que Monique l’aurait convaincu de se convertir avant qu’il ne meure). Dans le municipe natal, il n’y avait pas de grammaticus. De fait, le père, malgré une fortune plutôt médiocre, envoya l’enfant suivre des études de grammaire à Madaure (Madauros/M’Daourouch), ce à l’âge de 11-12 ans. Brillant élève, sauf en langue grecque qu’il abhorrait, on fit tout dans l’entourage d’Augustin pour l’aider à poursuivre des études supérieures dans la capitale africaine, Carthage. Toute la carrière d’Augustin est due à un mécène généreux, un ami de la famille nommé Romanianus, qui mit une part de sa fortune à la disposition de l’enfant, sur la durée aussi, pour encourager le jeune prodige à gravir les plus hautes marches de la société. Sans ce bienfaiteur, il n’y aurait sans doute jamais eu de saint-Augustin, car, sans la notoriété qu’il acquit tout au long de son parcours, le Moyen-Âge ne l’aurait pas sorti de l’oubli, inconnu aujourd’hui a fortiori. C’est d’abord sa maîtrise de la langue latine qui sera déterminante ; heureusement pour lui, le Grec était de moins en moins utilisé. Jeune étudiant, il découvrit la philosophie, lut la Bible sans en être bien marqué. Enseignant une année à Thagaste, il obtint ensuite un poste à Carthage. Ce fut un rhéteur talentueux, et même un excellent orateur. Las d’enseigner à des étudiants indisciplinés et chahuteurs, il quitta Carthage en 383 pour rejoindre la botte italienne, Rome dans l’immédiat. Il n’y professera qu’une année. C’est à Milan, où il est arrivé deux ans plus tôt, qu’il devint titulaire, en 386, de la chaire de rhétorique ; il venait de remporter le difficile concours d’entrée. Sa mère – accompagnée de l’épouse d’Augustin et de leur fils Adeodatus -, puis d’autres proches parents, ainsi que ses amis supporters, étaient venus l’y rejoindre. C’est surtout de son ami de jeunesse, Alypius, un ancien élève de Carthage en fait, qu’il tirera la complémentarité nécessaire pour accomplir son œuvre : Augustin le penseur, Alypius l’organisateur.

D’un point de vue de la théologie, il s’arrangeait avec le dieu des philosophes, le dieu de Plotin, de Porphyre et de Jamblique. Sa philosophie se calquait donc sur le néo-platonisme en vogue. Les précédentes lectures du Nouveau Testament ne l’ayant pas vraiment convaincu, il se fera neuf ans durant adepte de la religion de Mani (manichéisme). Cela correspond à l’époque où il reconnut avoir fait non seulement bonne chère dans la vie, mais d’avoir aussi connu le si sensuel plaisir de la chair. D’ailleurs, pour sa mère Monique, réussir socialement – en bon épicurien – n’était pas totalement incompatible avec la sincérité du bon chrétien. Mais Augustin ne l’était pas encore lorsqu’une nouvelle lecture des Évangiles, notamment celle de l’épître de Paul aux Romains, l’amena à la célèbre illumination divine du jardin de Milan ; il fut immédiatement converti par ce passage révélateur : « Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ et ne vous faites pas les pourvoyeurs de la chair en ses convoitises ». C’en était fini de la belle vie… Le baptême fut donné à Milan, après qu’il eut, en présence de ses amis, de ses cousins et surtout d’Alypius son fidèle, effectué une retraite méditative à Cassiciacum, dans la campagne lombarde. En 387, l’évêque de Milan, le futur saint-Ambroise, déposa l’eau bénie sur la tête d’Augustin. C’est aussi l’année qui précède le décès de Monique qu’on enterrera à Ostie en 388. Ayant fait vœu de pauvreté et ayant renoncé à tous biens terrestres, Augustin ne se mit pas à renier ceux qu’il voyait en pécheurs, lui-même ayant fort bien connu cette situation ; comme le dit un autre passage de la fameuse épître de Paul : « Où le péché abonde, la grâce surabonde ».

A l’automne 388, tout ce petit monde va décider de rentrer en Numidie, dans l’espoir d’y vivre une expérience monastique partagée ; d’autres compagnons les rejoindront rapidement pour vivre dans la maison familiale, transformée en monastère pour l’occasion. Après trois ans de vie cénobitique, Augustin sera happé par la prêtrise qui l’occupera jusqu’en 396 ; l’année suivante, il fut nommé coadjuteur de Valérius, auquel il succédera rapidement comme évêque d’Hippone (Annaba). Alypius a alors été nommé vicaire apostolique de Thagaste un an auparavant. A ce niveau, les dates ne sont pas sûres, elles changent d’une source à l’autre. Le diocèse d’Hippone était un des plus vastes et des plus peuplés d’Afrique du Nord. Les troubles, variés dans l’ampleur, y étaient aussi fréquents. À deux reprises, Augustin échappera aux embuscades qui lui étaient tendues par des petits groupes de circoncellions. À en croire les dires de son biographe Possidius, Augustin travaillait 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, selon l’expression moderne consacrée, ce durant 35 ans. En tout cas, la majeure partie de son temps, lorsqu’il ne pourra plus vaquer d’Est en Ouest en Afrique du Nord en tant que conciliateur dans les affaires liées au donatisme, et prédicateur comme sa charge le lui ordonnait, il la passera à étudier les Écritures. Pour mener à bien sa tâche, il travaillait de manière acharnée et veillait certainement la nuit. En plus de ses fonctions théologiques, Augustin nous a légué des ouvrages éclairants, qui ont certainement joué un grand rôle non seulement pour l’Église mais aussi dans l’histoire de France, à partir du Moyen-Âge. Parmi les plus connus, citons “ La Cité de Dieu ” (15 années de travail et d’obstination) et les “ Confessions ” (4 ans bien soutenus), mais on lui doit également de nombreux traités, comme le “ De Trinitate ” (plus de 20 ans) et d’autres sur la Genèse; aussi un traité sur la musique (De Musica).

La Cité de Dieu marque déjà les frontières entre temporel et intemporel. La formule employée vient du Christ lui-même : il faut distinguer le royaume de César et celui du Père céleste. Même s’il ne s’agit pas encore de laïcité au sens ou nous l’employons en France depuis la loi de 1905, cela ressemble à des prémices précoces, trop en avance sur leur temps. Les médiévaux travailleront cette idée, grâce, en partie seulement, à la (re)découverte des écrits égarés ; puis  la Renaissance nous conduira pas à pas vers la modernité du XXe siècle, après avoir beaucoup emprunté aux Arabes. Augustin ne sépara donc jamais totalement le politique et le religieux, mais il dénonçait la confusion courante faite entre les deux. D’une théologie métaphysique il fait une morale de vie, ce qui fait d’Augustin plus qu’un Père de l’Église ; nous avons à faire à un authentique philosophe dont la pensée directrice s’appuie sur l’autorité, sur le renoncement aux biens illusoires et éphémères, sur le refus de la luxure et des plaisirs de la chair autant que de la bonne chère. C’est donc un austère qui puise dans la joie des mystiques. Peut-on, cependant, être à la fois philosophe et mystique ésotérique ? Peut-on marier la carpe et le lapin ? Surtout lorsqu’on sait qu’il affirmait, contrairement à la doctrine de Pélage et de Coelestius, que les nouveaux-nés venaient au monde déjà pécheurs, fautifs avant l’acte. Pas d’innocence chez les très jeunes enfants : seul le baptême pouvait les purifier de cette infamie de la nature ! Aux yeux d’Augustin, l’adulte ne valait pas mieux puisque son libre-arbitre le menait droit à la chute, que sa volonté souveraine ne lui était pas mieux reconnue, que son salut ne pouvait arriver sans prières innombrables et sans supplication ou demandes en grâces, venues du ciel. Les élus sont comptés, qu’on se le dise. En tous cas, une magnifique série de métaphores.

La renommée d’Augustin durant sa vie était grande, en Numidie et en Proconsulaire surtout ; mais on peut penser qu’elle s’accrut encore plus tard, lorsqu’on retrouva ses œuvres, au Moyen-Âge. L’iconographie du XVe siècle en témoigne. Lorsqu’en 429 les Vandales débarquèrent dans l’extrême Ouest africain, plus de 80000 selon les textes latins, quand hommes, femmes, enfants et vieillards franchirent le détroit de Gibraltar, il ne restait à Augustin qu’un an à vivre. En 430, les troupes de Genséric, roi des Vandales, et des Alains qui leur sont associés (des Suèves également), faisaient le siège d’Hippone, dans laquelle se trouvait l’évêque. Aucune résistance organisée ne semble les avoir ralentis sur leur parcours. Gravement atteint par la maladie, Augustin mourra sans connaître l’issu du siège : la ville tombera en quelques mois ; elle sera désormais, pour un temps au moins, la capitale des envahisseurs, avant que ceux-ci n’aillent faire plier Carthage et s’en saisir.

Je laisserai, pour finir, dire quelques mots à Serge Lancel : « En renonçant au monde et en se mettant au service des autres, Augustin de Thagaste a incarné ce que l’Antiquité tardive, une époque de gestations confuses et souvent violentes, pouvait produire de meilleur : une destinée véritablement “ héroïque ”, celle d’un homme amoureux de la vie, attaché en sa jeunesse à la réussite, parvenu à la fleur de l’âge à la plus fine pointe des spéculations intellectuelles en même temps qu’en vue de la brillante carrière en ce monde, mais aussi dévoré de la plus noble des inquiétudes, celle de l’âme ». Du temps d’Augustin, l’Église réussissait à attirer son monde parce qu’elle avait su mettre en place des structures d’accueil et d’aide sociale relativement efficaces. La misère grandissante poussait tous les jours les pauvres des campagnes à rejoindre les villes où tous espéraient trouver meilleur sort. Cela n’arrivait pas le plus souvent, les graves troubles dus aux circoncellions, en colère contre la puissante Rome et dressés contre tout ce qui s’y apparentait, en étaient une preuve ; l’espace rural était devenu extrêmement dangereux pour tous ceux qui s’y aventuraient, car partout régnaient le brigandage et la terreur ; on enlevait fréquemment nombre de personnes dans un but esclavagiste et dépourvu de scrupules. L’effet d’attraction produit par les martyrs locaux et leurs reliques aggravait encore cet afflux massif de pauvres hères vers les cités. Vers 420, on avait même construit à Hippone une maison d’hôtes, un xenodochium placé sous la supervision d’Augustin, durant les dix dernières années de sa vie. Il ne fit pas longtemps service car l’effondrement progressif de l’ordre impérial avait sonné depuis longtemps déjà, mais aussi que les Vandales, pas catholiques mais ariens, ne firent rien pour maintenir ce genre de structures, au contraire puisqu’ils persécutèrent catholiques et donatistes. Enfin, comme le souligne Serge Lancel, « après nous avoir offert une œuvre d’une diversité et d’une ampleur sans égales dans toute l’Antiquité, Augustin reste aujourd’hui le grand oublié des Algériens ».

mardi 27 mars 2012

Thagaste


Thagaste

Cet article est une ébauche concernant la Rome antique et l’Algérie.
Thagaste est l'actuelle Souk-Ahras, en Algérie. 
Elle est principalement connue pour être la ville natale de saint Augustin. 
Elle est située à 100 km au sud-est d'Annaba, ancienne Hippone, ville dont il fut évêque.

Histoire

La ville est déjà mentionné par Pline l'Ancien. Thagaste était alors une ville libre ; plus tard, elle devint municipe, et elle l'était encore à l'époque d'Augustin où elle est également le siège épiscopal de la Numidie.
Dans les années 370-385, la vie municipale fut dominée par Romanianus, ami et correspondant de saint Augustin. Il nous est connu par une inscription et par les écrits d'Augustin, notamment le Contra Academicos, qui décrit de façon évocatrice sa vie fastueuse, les jeux qu'il offrait à ses concitoyens, et son évergétisme dans la grande tradition des siècles précédents.
Crispine de Thagare y fut décapitée en 304 et une basilique lui est consacrée.

- Trois évêques de Thagaste nous sont connus :
1- Saint Firmin, mentionné par le Martyrologe romain ;
2- Saint Alypius ou Alype, ami d'Augustin ;
3- Saint Janvier.

Le siège épiscopal existe encore au viie siècle et est aujourd'hui un siège titulaire.
Les adeptes de la doctrine augustinienne viennent du monde entier se recueillir auprès d'un olivier séculaire, au pied duquel le saint, selon la tradition, passait plusieurs heures (à l'aube et au crépuscule) à méditer.
L'olivier est situé sur une colline dominant la cité antique, aujourd'hui disparue. On en retrouve quelques statues taillées dans le marbre ou un calcaire grossier ainsi que quelques pierres pourvues d'inscriptions latines. Les restes d'une basilique ont également été mis au jour.

Souk-Ahras, l’antique « THAGASTE » fut le centre de l’ancienne Numidie Orientale, sous le règne de l’empereur Algérien 

« MASSINISSA ».
( 238-148 av-j-c).
Selon une des versions « THAGASTE » puise sa dénomination, 
Du mot « AMAZIGH » « AHRAS » qui signifie lion. Les forêts très denses à l’époque, abritèrent une variété d’animaux sauvages, plus particulièrement les lions.
Souk -Ahras ou l’antique « Thagaste »… Thagaste ou Souk- Ahras peu importe l’appellation, en fait, à partir du moment où l’espace est un et unique, qui s’étend sur 42,56 KM2, est délimité au Nord par El –Tarf, au Nord Est par Guelma (CALAMA), au Sud par Tebessa ( THEVESTE ) et à l’Est parla Tunisie….
Souk-Ahras, c’est aussi cette flopée de sites archéologiques, témoins d’un passé si riche, qui se refuse à mourir. De Khemissa à Madaure, en passant par Tifech et Taoura, la boucle de l’histoire ancienne est bouclée.
Souk –Ahras, ne se suffisant pas seulement des ruines ,a enfanté une constellation d’illuminés, qui ont traversé les temps, en imprimant leur label indélébile : Saint-augustin, Apulée de Madaouros, Posseduis, en sont les plus connus , mais il existe d’autres, qui ont réussi à confectionner l’histoire de cette région, décidément pas comme les autres.
Les romains qui y séjounèrent durant quatre siècles environ, suite à la défaite de Carthage, à la fin de la 3ème guerre punique, construisirent un réseau routier qui permit l’ouverture de Thagaste sur le monde extérieur. La présence romaine aida à l’éclosion et à l’émancipation de nombre de cités.
Outre, son passé historique glorieux, la wilaya de Souk –Ahras n’a pas manqué de marquer sa présence culturelle sur la scène nationale et internationale, en enfantant d’éminentes figures, ayant laissé leurs empruntes dans le patrimoine universelle.
Plus prés de nous et pour ne citer que ceux –là, le géologue AHMED CHIHEB EDDINE ETTIFACHI, l’un des premier savants arabes ayant procédé a la classification scientifique des roches et des pierres précieuses, l’homme de lette, KATEB YACINE, le célèbre auteur de « NEDJMA », le doyen du théâtre Algérien MUSTAPHA KATEB, l’étoile de la chanson arabe, WARDA EL DJAZAIRIA, et autre célèbres chanteurs « Bédouins » tels que CHIKH BOUROUGAA et BAGAR HADDA sans oublier le musicologue Algérien, ABABSSIA EL -BADI ayant composé plus de 100 œuvres musicales, dans les années cinquante, à PARIS, il tombait aux champs d’honneur en 1958, non loin de sa ville natale TAOURA, où il rejoignait les rangs des l’armée de libération nationale.
MADAURE ( MADAUROS)
La ville archéologique de Madaure : (M’daourouche) , située46 Km, au Sud –Est du chef lieu de la wilaya de Souk-Ahras.

S’étant sur109 hectares . sa création remonte à l’an 75 ap.j.c sous le règne de l’empereur romain « VESPASSEIN »,c’est une région réputée par la culture des céréales et des olives. A l’époque déjà , elle fut un grand pole de rayonnement scientifique grâce à ses collèges ;qui constituaient ,pour qui voulait poursuivre ses études à CARTHAGE un tremplin . En 534,elle fit l’objet d’une invasion de la part des byzantins, qui ont porté quelques modifications sur le tissu urbain de la ville; en implantant une citadelle au cœur même de la place publique.
Madaure est fière d’avoir enfanté l’un des premiers romanciers dans le monde , en l’occurrence, APPULEE DE MADUROS , né en125 et mort en 180 ap.j.c. Parmi ses œuvres les plus célèbres, on relève « l’âne d’or « qui retrace en 11tomes , une chronologie de la vie maghrébine dans le moindre de ses détails. En outre , Apulée s’intéresse dans ses écrits, à la philosophie , l’histoire , la poésie, la critique , les mathématiques, la médecine , l’astronomie , la métaphysique , ainsi qu’à la magie .
La population de MADAURE ,appartenait à la tribu des empereurs flaviens, « LA QUIRINA» . Si MADAUROS devint une ville bien romaine, il n’était pas possible qu’elle renia tout son passé , qu’elle restât entièrement fermée aux langues , aux mœurs, aux croyances , qu’autour d’elle beaucoup d’autres habitants, des autres villes voisines conservaient avec une fidélité féroce.
L’étendue géographique des ruines de cette ville montre qu’elle n’eut jamais plus de 10.000 habitants, par ailleurs , le théâtre romain , construit en un temps de prospérité , ne contenait qu’environ 1.200 places.
Historiquement , Madaure faisait partie du royaume de SYPHAX , puis elle fit partie du royaume de MASINISSA , et ce, comme l’a révélé APPULEE,vers 158 ap.j.c.
KHAMISSA(THUBERSICUM-NUMIDARUM)
Thubersicum –Numidarum, aujourd’hui “ KHAMISSA“ distante de30 Km du chef lieu de la wilaya , est située près de la source de « MEDJERDA » (BAGHRADA) et entourée de terres fertiles et bien arrosées. Cette ville numide fut érigée en municipe romain au 11ème siècle ap.j.c , vraisemblablement sous le règne du roi « TRAJAN »,au milieu du 3e siècle ap. j. c , elle portait le titre de colonie . Ses habitants presque tous d’origine punique, gardèrent longtemps l’empreinte de la civilisation carthaginoise.
Les noms puniques abondent sur les épitaphes à KHAMISSA, mais plus tard, les autochtones furent amenés à adopter les mœurs latines. Thubersicum avait dans le temps, donné naissance à un auteur dont l’ouvrage est resté célèbre .Il s’agit de NONIVS MARCELLUS, dont l’intitulé « THUBURSICENSIS».
Khamissa a aussi donné un fragment infime, mais d’une grande valeur archéologique et historique, il s’agit d’une épitaphe bilingue nèo-punique et latine. Elle est aujourd’hui même conservée au musée de Louvre à PARIS.
En 1902 , des fouilles organisées par les services des monuments historiques , ayant commencé ; étaient conduites au départ par le chercheur francais « BEVIA », mais à partir de 1903 , c’est CHARLES JOLY qui prit la direction du chantier de fouilles de KHAMISSA.
Ces opérations avaient permis, de dégager une grande place : « PLATEA VETUS » (La place Publique) avec les édifices qui l’entourent, une autre place : le « forum novum » le ( nouveau forum) , le théâtre , les bassins de la source « Ain- el- youdi » et les ruines voisines, les thermes auprès du (nouveau forum ) l’arc de triomphe , et plusieurs ruines d’habitations , des citernes, le temple de Saturne et un fort byzantin.
TIFECH (TIPAZA DE NUMIDE)
Le site archéologique de Tifech, est située au Sud-Ouest, à33 Km du chef lieu de la wilaya. Sa création remonte au 2eme siècle ap .j .c. sous le règne de l’empréreur « TRAJAN »,et fut construite à proximité de l’ancienne ville phénicienne Tipaza en 173, elle est promue au rang de commune ; et au début de l’année 534 elle a subit l’occupation des byzantins, qui la transformèrent en citadelle, servant comme base arrière stratégique susceptible de repousser toute éventuelle attaque provenant des envahisseurs.
Tifech se distingue par ses caractéristiques militaires atypiques, de même qu’elle passait pour être, un grand centre économique et agricole notamment, de par l’abondance de ses ressources hydriques et la fertilité de ses terres.
Pendant la conquête Islamique, « IBN- EL ACHAATH » y érigea un camp militaire au profit des « AGHLABITES » et ce au 8ème siècle. Quelque temps plus tard, elle fut intégrée aux « FATIMIDES » puis aux «ZIRIDES » et ce, à l’aube du 10ème siècle.

Le nom de Tifech, se confondit souvent avec celui de « CHIHEB-EDDINE ET TIFECHI » né en 1184 et mort en 1253 au Caire, qui fut l’un des illustres savants de l’époque, faisant preuve d’un savoir poussé en sciences naturelles et notamment, en géologie et musicologie. Il était le premier à avoir mis au point une encyclopédie arabe ayant renfermé plusieurs arts, dont l’art de chant. Parmi ses œuvres, on cite « Fleurs au cœur des pierres », « voyages au fond des esprits»…etc

TAOURA (THAGURA )

Elle est situé au Sud, à26 Km, du chef lieu de la wilaya. Elle fut construite au 2ème siècle pendant l’époque romaine, et ne tarda pas à se voir hisser au rang de commune . C’est un lieu qui a pratiquement conservé son nom antique. Nous trouvons le nom de cette ville inscrit dans différents orthographes : Thagura, Tagora, Thagora,…… Thacorensis, pourrait désigner les habitants de Taoura.

Si l’on se réfère au corpus des inscriptions latines 4663, que Thagura, appartenait à la province de la proconsulaire, devint une commune au 2 éme siècle , durant l’époque Romaine.

THAGURA,ce fut aussi la citadelle byzantine qui constitue la base arrière du « Tell ».Il n’en reste plus aujourd’hui, que quelques murailles et deux tours sur la lisière de la principale, où l’on constate la présence des vestiges du mur de l’église , entouré de transcriptions latines funèbres, ainsi que bon nombre de ruines.

HENCHIR-EL KSIBA (CIFITAS-POPTENSIS)

Le site de « HENCHIR-EL KSIBA » (CIFITAS –POPTENSIS) est située au Nord-Est de Souk Ahras , à39 Km de la commune de « Ouled Moumen »elle s’étant sur une superficie de30 hectares environ. La plupart de ses vestiges sont enfouis sous la terre, du fait des conditions climatiques .Cifitas a été édifiée par les romains au 2e. siècle ap.j.c, sur les ruines d’une ancienne ville numido-phénicienne.

De par sa situation stratégique, elle a connu une brillante activité économique, et pont de liaison avec Carthage. Au bord des routes avoisinantes, l’on constate les vestiges des grands thermes et des manuscrits funèbres. Les byzantins y ont érigé une citadelle considérée comme leur base arrière en vue de faire face aux éventuelles assauts des envahisseurs. A présent, il ne subsiste de cette citadelle que les murs extérieurs et quelques tours de contrôle.

KEF EL M’ASAOURA (CAVERNE DES LIONS)

C’est un ensemble de vestiges situés dans la commune de « Zouabi », située à10 Km de la daïra de Sédrata, dont l’existence remontait à 700 ans av.j.c. Il s’agit en fait de gravures rupestres géantes, découvertes par le chercheur français R. BARNELLE en 1892 , et qui ont fait, l’objet d’études de recherches menées par de nombreux archéologues.

Sur le coté ouest de la roche rupestre, l’on constate un tableau de gravures gigantesques de 2,93m de hauteur et 15m de largeur, représentant une scène de chasse, dont la proie est un sanglier, entouré de deux chacals, en quête de restes que voudraient bien leur concéder les lions.

Le coté sud de la roche représente une scène sur laquelle figurent des cerfs de barbarie et des autruches. A noter, que ces gravures rupestres sont estimées par les chercheurs plus récentes que les premières sus-citées; et ce en raison de leur gigantisme et la profondeur de leur traits ; d’ailleurs elles sont considérées comme les plus belles gravures découvertes dans l’Afrique du nord durant l’époque pré-historique

Panorama-Paysage Souk-Ahras


   





















87406.59 Ha de forêts (Pin d’Alep- Eucalyptus)
Zones de montagnes (Machroha -Ouleddriss plus de 1000 mètres d’altitude)
SITUATION GEOGRAPHIQUE (Relief, climat,…)
La configuration géomorphologique de la Wilaya laisse apparaître deux grands ensembles :
· Le Nord montagneux et forestier composé de 12 Communes d'une superficie de 1879,58 Km2, soit 43% du territoire de la Wilaya, une pluviométrie importante (800 mm/an), cette zone est à forte dominance en élevage bovin et arboriculture fruitière.
· Le Sud constitué de hautes plaines et de pâturage englobant 14 Communes sur une superficie de 2480,07 Km2, soit 57% du territoire de la Wilaya, La pluviométrie moyenne est de 300 mm/an. cette zone est à forte dominance en élevage ovin et production céréalière.
La ville de Souk Ahras est située dans un cuvette, entourée de montagnes boisées comme le Djebel Beni Salah ou Djbel Ouled Moumen.
Souk Ahras est traversée par un des principaux oued maghrébin, le Medjerda.
Trois barrages existent dans la région de Souk Ahras, celui de Ain-Edalia alimente la ville de Souk Ahras et ses environs avec 76 millions de mètres cubes. Les barrages de Oued Charef et de Djedra, fournissent une capacité de 153 et de 35 millions de mètres cubes, respectivement. Le barrage de Djedra est destinée à l’alimentation de la ville de Souk Ahras en eau potable pour une quantité de 12 millions de mètres cubes, alors que 2 millions de mètres cubes seront pompés pour irriguer les terres agricoles
Le climat de Souk Ahras est influencé par des facteurs qui lui donnent des caractéristiques spécifiques. Distante de 80 km de la mer Méditerranée, la pénétration des courants marin et humide est aisée. La ville de Souk Ahras est située dans un cuvette, entourée d'un relief montagneux. De ce fait, la ville est caractérisée par un climat semi-humide. Souk-Ahras se distingue par un été chaud et un hiver froid et humide et la pluviométrie atteint une moyenne de 800 mm par an.




Taoura, ancienne Thagora (Souk-Ahras)






Localisation de la commune dans la wilaya de Souk Ahras



TAOURA (THAGURA )

Elle est situé au Sud, à26 Km, du chef lieu de la wilaya. Elle fut construite au 2ème siècle pendant l’époque romaine, et ne tarda pas à se voir hisser au rang de commune . C’est un lieu qui a pratiquement conservé son nom antique. Nous trouvons le nom de cette ville inscrit dans différents orthographes : Thagura, Tagora, Thagora,…… Thacorensis, pourrait désigner les habitants de Taoura.
Si l’on se réfère au corpus des inscriptions latines 4663, que Thagura, appartenait à la province de la proconsulaire, devint une commune au 2 éme siècle , durant l’époque Romaine.
THAGURA,ce fut aussi la citadelle byzantine qui constitue la base arrière du « Tell ».Il n’en reste plus aujourd’hui, que quelques murailles et deux tours sur la lisière de la principale, où l’on constate la présence des vestiges du mur de l’église , entouré de transcriptions latines funèbres, ainsi que bon nombre de ruines.


تاورة (بالفرنسية: TAOURA) بلدية ودائرة تابعة لولاية سوق أهراس تقع على بعد 20 كلم عن سوق أهراس و تتربع على مساحة 31 هكتار واسمها بالامازيغية Thagura واسمها الحالي تاورة.
- تاريخ المدينة :
مدينة عريقة منذ أكثر من الفين "2000" سنة تم تأسيسها في القرن الثاني خلال المرحلة الرومانية و اشتهرت تاورة بجلب الاسقف الكاثوليكي أوغسطين بمعية سانت كريستين الذي أعدم في عام 304 بتيفاش. و يوجد اليوم بالمنطقة العديد من الأسوار و برجين بجانب الطريق.. كانت مستعمرة وندالية ورومانية ومركز عبور الجيوش والسلع الإسلامية .. لغاية الاحتلال الفرنسي للمدينة حيث عند اندلاع الثورة التحريرية الكبرى سنة 1954 التحق سكانها بالثورة مثل الشهيد بومعراف.

Localités de la commune
La commune de Taoura est composée de vingt localités :
Aïn Djemaa
Aïn Hadjar
Benattia
Bir Seddour
Boudis
El Askar El Henchir
El Barka
El Battoum
El Bir
El Khenga
El Koutbane
El Mellag
El Merdja
El Okla
El Retba El Beida
Etabaka El Hamri
Ghar Erroutba
Guedir El Hamara
Taoura
Zouitine